Charles Baudelaire (Anatomique)Il faut être toujours humérus. Tout est là: c'est l'unique luette. Pour ne pas sentir l'horrible poignet du Creux de l'aisselle qui brise vos épaules et vous penche vers la vertèbre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi? De maxillaire, de mâchoire ou de peau, à votre guise. Mais testiculeralissez-vous.
Et si quelquefois, sur les malléoles d'un tibia, sur l'anatomie verte d'un phallus, dans la cheville morne de votre molaire, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez à l'ovaire, à la vessie, à la rotule, à l'épiderme, à la muqueuse, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle thyroïde il est; et le cou, la trachéotomie, la vésicule, le torse et la tumescence, vous répondront: «Il est l'heure de se sacrumiser! Pour n'être pas les pariétaux martyrisés du Larynx, enivrez-vous; enivrez-vous sans gorge! De mollet, de béquille ou de mandibule, à votre guise.»
Bidouille (Nordmann)
Anatomique
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